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4/23/2026

Redressement judiciaire : la procédure complète expliquée aux dirigeants d'entreprise

Le redressement judiciaire est une procédure destinée aux entreprises en difficulté. Découvrez les étapes, les conditions d’ouverture, le rôle du tribunal et les conséquences pour le dirigeant afin de mieux anticiper et gérer la situation.

Votre trésorerie se dégrade, les échéances s'empilent, les relances fournisseurs s'accumulent. La question qui se pose n'est plus « est-ce que je vais tenir » mais « quelle procédure ouvrir, quand, et avec quelles conséquences ». Le redressement judiciaire est l'une des réponses prévues par le Code de commerce pour tenter de sauver une activité quand elle ne peut plus payer ses dettes exigibles.

Cette procédure est encadrée par un calendrier très strict, en particulier un délai de 45 jours qui peut, à lui seul, faire basculer votre responsabilité personnelle. Ce guide vous explique, étape par étape, comment la procédure se déclenche, se déroule et se conclut, ce que chaque acteur fait concrètement, et les points de vigilance qui reviennent le plus souvent dans nos dossiers.

1. Qu'est-ce que le redressement judiciaire ?

Le redressement judiciaire est une procédure collective. Autrement dit, elle organise de manière globale le traitement des difficultés de l'entreprise, vis-à-vis de tous ses créanciers à la fois, sous le contrôle du tribunal.

L'article L631-1 du Code de commerce pose trois objectifs cumulatifs :

  • permettre la poursuite de l'activité de l'entreprise,
  • maintenir l'emploi,
  • apurer le passif, c'est-à-dire régler les dettes dans le cadre d'un plan.

Le redressement ne s'ouvre pas à n'importe quel stade de difficulté. Il suppose que l'entreprise soit en cessation des paiements, tout en laissant espérer un redressement possible. Si l'activité est manifestement insauvable, le tribunal oriente le dossier vers la liquidation.

La cessation des paiements : la notion clé

La cessation des paiements est définie par l'article L631-1 du Code de commerce comme l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible.

Pour bien comprendre :

  • Le passif exigible correspond aux dettes arrivées à échéance et dont le créancier peut exiger le paiement immédiat. Ce sont les factures fournisseurs impayées, les cotisations sociales en retard, les dettes fiscales dues, les échéances bancaires tombées, les salaires non versés.
  • L'actif disponible est l'argent dont vous disposez tout de suite : trésorerie en banque, caisse, effets de commerce escomptables à très court terme, lignes de découvert autorisées. Les stocks et les créances clients à 60 ou 90 jours ne sont pas de l'actif disponible.

Un point important : le texte précise que si l'entreprise bénéficie de réserves de crédit ou de moratoires qui lui permettent de faire face au passif exigible, elle n'est pas en cessation des paiements. Un accord écrit avec un fournisseur pour reporter une échéance change donc la qualification juridique.

Exemple concret : une PME vendéenne du bâtiment a 180 000 € de dettes échues (URSSAF, fournisseurs, loyer) et 60 000 € en trésorerie, sans ligne de crédit mobilisable. Elle est en cessation des paiements, même si son carnet de commandes est plein et que ses créances clients s'élèvent à 300 000 € à 60 jours.

Redressement, sauvegarde, liquidation : les trois procédures à ne pas confondre

Beaucoup de dirigeants utilisent les termes de manière interchangeable. Juridiquement, elles ne visent pas les mêmes situations :

ProcédureCondition d'ouvertureObjectifSauvegardeDifficultés sérieuses sans cessation des paiementsPrévenir l'aggravation, réorganiserRedressement judiciaireCessation des paiements avec redressement possiblePoursuivre l'activité, apurer le passifLiquidation judiciaireCessation des paiements et redressement manifestement impossibleRéaliser l'actif, payer les créanciers

La frontière entre sauvegarde et redressement se joue sur quelques jours de trésorerie. D'où l'intérêt d'anticiper.

2. Le délai de 45 jours : le piège à éviter absolument

C'est probablement la règle la plus mal comprise par les dirigeants, et la plus lourde de conséquences.

Ce que dit la loi

L'article L631-4 du Code de commerce impose au dirigeant de demander l'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire au plus tard dans les quarante-cinq jours qui suivent la cessation des paiements, sauf s'il a, dans ce même délai, demandé l'ouverture d'une procédure de conciliation.

Le point de départ n'est pas la date à laquelle vous prenez conscience de la difficulté. C'est la date à laquelle, objectivement, l'actif disponible ne couvre plus le passif exigible. Le tribunal, lorsqu'il ouvre la procédure, fixe cette date, qu'on appelle la date de cessation des paiements. Elle peut être reportée jusqu'à 18 mois en arrière par rapport au jugement d'ouverture.

La sanction possible : l'interdiction de gérer

L'article L653-8 du Code de commerce prévoit que l'interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler toute entreprise peut être prononcée contre le dirigeant qui a omis sciemment de demander l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation dans le délai de 45 jours, sans avoir par ailleurs demandé l'ouverture d'une conciliation.

Cette interdiction peut atteindre quinze ans. Elle empêche de diriger toute société commerciale, artisanale ou agricole, en France.

Dans nos dossiers, c'est souvent ce retard dans la déclaration qui transforme une procédure techniquement maîtrisable en catastrophe personnelle pour le dirigeant.

La conciliation : le « sas » prévu par la loi

Si vous êtes très proche de la cessation des paiements, ou en cessation depuis moins de 45 jours, la conciliation est une alternative confidentielle qui peut suspendre le compte à rebours du délai.

3. Comment déposer une demande d'ouverture

Le tribunal compétent

  • Tribunal de commerce si l'entreprise exerce une activité commerciale ou artisanale.
  • Tribunal judiciaire pour les professions libérales, les agriculteurs et les structures non commerçantes.

Pour les entreprises vendéennes, c'est le tribunal de commerce de La Roche-sur-Yon qui est compétent pour les commerçants du département.

Les pièces à produire

L'article R631-1 du Code de commerce liste les documents à joindre à la déclaration. En pratique, vous devez préparer :

  1. Les comptes annuels du dernier exercice.
  2. L'état du passif exigible et de l'actif disponible ainsi que la déclaration de cessation des paiements.
  3. Le numéro unique d'identification (Siren) de l'entreprise.
  4. Une situation de trésorerie datant de moins d'un mois.
  5. Le nombre de salariés, leur nom, leur adresse, et le chiffre d'affaires.
  6. L'état chiffré des créances et des dettes, avec l'identité des créanciers.
  7. L'état actif et passif des sûretés et des engagements hors bilan.
  8. L'inventaire sommaire des biens de l'entreprise.
  9. Pour les sociétés à associés solidairement responsables : la liste des associés.
  10. Le nom des représentants du comité social et économique, s'il en existe un.
  11. Une attestation sur l'honneur indiquant s'il y a eu mandat ad hoc ou conciliation dans les 18 mois précédents.
  12. La copie de l'autorisation pour les installations classées, le cas échéant.

Ces documents doivent être datés, signés et certifiés sincères et véritables par le demandeur. Ceux relatifs au passif, aux créances, aux dettes et à l'inventaire doivent dater de la demande ou des sept jours qui précèdent.

Une demande incomplète retarde l'ouverture et expose le dossier à des difficultés par la suite. L'accompagnement par un avocat est fortement recommandé pour vérifier la cohérence du dossier.

Ce que fait le tribunal

Le tribunal convoque le dirigeant. L'audience est tenue en chambre du conseil, donc non publique. Le tribunal vérifie :

  • la réalité de la cessation des paiements,
  • l'éligibilité de l'entreprise à la procédure,
  • l'absence d'impossibilité manifeste de redressement.

Si ces conditions sont réunies, il rend un jugement d'ouverture. Ce jugement fixe la date de cessation des paiements, désigne les organes de la procédure, et ouvre la période d'observation.

Si le tribunal considère le redressement manifestement impossible, l'article L631-7 du Code de commerce lui permet de basculer directement en liquidation judiciaire.

4. Les acteurs de la procédure

Une fois le jugement d'ouverture rendu, plusieurs acteurs interviennent. Leur rôle respectif conditionne toute la suite de la procédure.

Le juge-commissaire

Désigné par le tribunal dans le jugement d'ouverture (article L621-4 du Code de commerce), il supervise la procédureet rend les ordonnances utiles au bon déroulement : autorisation de certains actes, arbitrages entre parties, vérification des créances.

Le mandataire judiciaire

Il représente l'intérêt collectif des créanciers. C'est à lui que les créanciers déclarent leurs créances. Il vérifie ces déclarations et donne son avis sur les admissions.

Il n'est pas là pour gérer l'entreprise. Il est là pour s'assurer que les droits des créanciers sont respectés tout au long de la procédure.

L'administrateur judiciaire

Sa désignation n'est pas systématique. L'article L621-4 du Code de commerce, combiné à l'article R621-11, prévoit que le tribunal n'est pas tenu de désigner un administrateur lorsque l'entreprise compte moins de 20 salariés et réalise un chiffre d'affaires hors taxes inférieur à 3 000 000 €.

Quand il est nommé, le tribunal lui confie une mission :

  • de surveillance : le dirigeant gère seul, l'administrateur contrôle,
  • d'assistance : le dirigeant gère avec l'administrateur qui cosigne les actes importants,
  • de représentation : l'administrateur gère à la place du dirigeant (cas rare en pratique).

Concrètement, l'administrateur analyse la situation économique et sociale, veille à la continuité de l'exploitation, négocie avec les créanciers, prépare le projet de plan, et propose les mesures de restructuration nécessaires.

Le représentant des salariés

Désigné par le comité social et économique ou, à défaut, élu par les salariés, il est chargé de relayer les préoccupations des salariés pendant la procédure et de vérifier les créances salariales.

Le dirigeant

Dans la grande majorité des cas, le dirigeant reste en fonction. Il conserve la gestion courante, sous le contrôle de l'administrateur quand il y en a un. Les décisions importantes (licenciements, cessions d'actifs, actes de disposition) relèvent du juge-commissaire ou du tribunal.

5. La période d'observation : ce qui se passe concrètement

La période d'observation est le cœur de la procédure. C'est pendant cette phase que l'entreprise est diagnostiquée, restructurée et, idéalement, relancée.

Durée

L'article L621-3 du Code de commerce, applicable au redressement par renvoi de l'article L631-7, prévoit une durée initiale maximale de six mois.

Cette période peut être :

  • renouvelée une fois pour six mois supplémentaires, par décision spécialement motivée du tribunal, à la demande de l'administrateur, du débiteur ou du ministère public,
  • exceptionnellement prolongée de six mois supplémentaires à la demande du procureur de la République (article L631-7 du Code de commerce).

La durée maximale théorique est donc de 18 mois. En pratique, la majorité des procédures se règlent entre 6 et 12 mois.

Les effets immédiats du jugement d'ouverture

Le jugement produit plusieurs effets qui changent la donne, aussi bien pour l'entreprise que pour ses partenaires :

  • Arrêt des poursuites individuelles : les créanciers ne peuvent plus engager d'action en paiement ni de saisie pour les dettes antérieures.
  • Interdiction de payer les dettes antérieures : le dirigeant ne peut plus régler les factures nées avant le jugement d'ouverture, sauf exceptions légales.
  • Poursuite de l'activité : les contrats en cours continuent à s'exécuter, sauf résiliation décidée par l'administrateur.
  • Déclaration des créances : les créanciers doivent déclarer leurs créances au mandataire judiciaire dans un délai fixé par l'article R622-24 du Code de commerce, soit deux mois à compter de la publication du jugement au BODACC (quatre mois pour les créanciers hors France métropolitaine).

Le diagnostic économique et social

L'administrateur judiciaire, s'il en a été désigné un, établit un bilan économique, social et environnemental de l'entreprise. Ce document est la base du projet de plan. Il passe en revue :

  • l'état des contrats,
  • la viabilité du modèle économique,
  • la masse salariale et les éventuels licenciements nécessaires,
  • les actifs et les passifs.

Pendant la période d'observation, les dettes antérieures sont gelées. En revanche, les dettes nouvelles doivent être payées à leur échéance (articles L622-17 pour la sauvegarde, applicable au redressement). Cela inclut les salaires, les charges courantes, les loyers du mois, les fournisseurs qui continuent à livrer.

6. Les issues possibles de la procédure

À l'issue de la période d'observation, trois scénarios principaux sont possibles.

Scénario 1 : le plan de redressement

C'est l'issue la plus favorable. Le tribunal arrête un plan de redressement qui fixe les modalités de remboursement des créanciers et les mesures de restructuration.

L'article L626-12 du Code de commerce, applicable au redressement, prévoit que la durée du plan ne peut excéder dix ans (quinze ans pour une exploitation agricole).

L'article L626-18 fixe des règles sur les échéances :

  • le premier paiement ne peut pas intervenir au-delà d'un délai d'un an,
  • à partir de la troisième année, chaque annuité doit être au moins égale à 5 % des créances admises,
  • à partir de la sixième année, ce minimum passe à 10 %.

Le plan peut prévoir des remises de dettes consenties par certains créanciers (notamment les créanciers publics, dans des conditions encadrées), des rééchelonnements, et des mesures internes comme des cessions d'activités secondaires, des réductions d'effectifs, ou une recapitalisation.

Scénario 2 : la cession totale ou partielle de l'entreprise

Prévue par l'article L631-22 du Code de commerce, la cession intervient lorsque le ou les plans proposés apparaissent manifestement insusceptibles de permettre le redressement, ou en l'absence de tels plans.

Un repreneur est désigné par le tribunal après mise en concurrence. La cession permet de préserver tout ou partie de l'activité et des emplois, mais change la qualité du dirigeant : il n'est plus aux commandes.

Scénario 3 : la conversion en liquidation judiciaire

Si aucun plan n'est viable et qu'aucune cession n'aboutit, le tribunal prononce la liquidation judiciaire et met fin à la période d'observation. L'actif est alors réalisé pour désintéresser les créanciers.

Schéma Procédure Redressement Judiciaire - Cabinet Lagrange & Associés
Schéma explicatif

La procédure de redressement judiciaire

De la cessation des paiements à l'adoption du plan, les étapes, les acteurs et les délais à connaître.

Les étapes de la procédure

Du déclenchement jusqu'à l'issue, dans l'ordre chronologique.

1
Phase 1 · Déclenchement
Cessation des paiements
Jour J
Le passif exigible (dettes échues) dépasse l'actif disponible (trésorerie et équivalents). C'est le point de départ du compte à rebours légal.
Article L631-1 du Code de commerce
2
Phase 2 · Déclaration
Dépôt au greffe du tribunal
Dans les 45 jours
Le dirigeant dépose la déclaration de cessation des paiements accompagnée des pièces exigées : comptes annuels, trésorerie récente, état des créances et des dettes, inventaire, liste des salariés.
Articles L631-4 et R631-1 du Code de commerce
3
Phase 3 · Jugement
Audience d'ouverture
Sous 15 jours environ
Le tribunal reçoit le dirigeant en chambre du conseil. Il vérifie la cessation des paiements et la possibilité de redressement. Il rend le jugement d'ouverture, fixe la date de cessation des paiements et désigne les organes de la procédure.
Article L631-7 du Code de commerce
4
Phase 4 · Observation
Période d'observation
6 mois renouvelables
L'activité se poursuit sous contrôle. L'administrateur, s'il a été désigné, établit le bilan économique et social. Les créanciers déclarent leurs créances. Les dettes antérieures sont gelées, les dettes nouvelles sont payées à l'échéance.
Article L621-3 du Code de commerce
5
Phase 5 · Issue
Décision finale du tribunal
Fin de la période d'observation
Le tribunal arrête un plan de redressement si un plan viable existe, ordonne la cession totale ou partielle si un repreneur se présente, ou prononce la liquidation judiciaire si aucune solution ne permet le redressement.
Articles L626-12, L631-19 et L631-22 du Code de commerce
LES DÉLAIS À RETENIR
45 jours
Délai dirigeant
Entre la cessation des paiements et le dépôt de la déclaration au greffe.
2 mois
Délai créanciers
Pour déclarer leurs créances auprès du mandataire judiciaire, à compter de la publication au BODACC.
10 ans max.
Durée du plan
Le plan de redressement ne peut excéder dix ans, sauf exploitation agricole (quinze ans).

Qui fait quoi ?

Les quatre acteurs principaux de la procédure et leur rôle respectif.

Une procédure de redressement met en présence plusieurs intervenants aux missions distinctes. Comprendre leur rôle respectif permet d'anticiper chaque décision.
D
Dirigeant
Reste aux commandes
Déclare la cessation des paiements
Continue la gestion courante
Soumet les actes importants au juge-commissaire
Coopère avec l'administrateur
Prépare le projet de plan
JC
Juge-commissaire
Supervise la procédure
Rend les ordonnances nécessaires
Arbitre les différends
Autorise les actes de disposition
Valide les admissions de créances
Veille au bon déroulement
AJ
Administrateur judiciaire
Assiste ou surveille
Établit le bilan économique et social
Assiste ou surveille le dirigeant
Négocie avec les créanciers
Prépare le projet de plan
Non obligatoire si CA < 3 M€ et < 20 salariés
MJ
Mandataire judiciaire
Représente les créanciers
Reçoit les déclarations de créances
Vérifie les créances déclarées
Défend l'intérêt collectif des créanciers
Donne son avis sur le projet de plan
Peut devenir liquidateur

Les trois issues possibles

À la fin de la période d'observation, le tribunal tranche.

Issue 1
Plan de redressement
Le tribunal arrête un plan qui organise le remboursement des créanciers sur une durée pouvant aller jusqu'à dix ans. L'entreprise poursuit son activité avec le dirigeant à sa tête.
Articles L626-12 et L631-19
Issue 2
Cession totale ou partielle
Si aucun plan n'est viable, un repreneur reprend tout ou partie de l'activité après mise en concurrence. L'emploi est préservé mais le dirigeant quitte la tête de l'entreprise.
Article L631-22
Issue 3
Liquidation judiciaire
Si le redressement n'est pas possible et qu'aucun repreneur ne se présente, le tribunal prononce la liquidation. L'actif est vendu pour désintéresser les créanciers.
Article L631-22, dernier alinéa

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Le cabinet Lagrange & Associés accompagne les dirigeants d'entreprise vendéens dans leurs procédures collectives et leurs négociations avec les créanciers.

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7. Les conséquences pour le dirigeant

Beaucoup de dirigeants hésitent à ouvrir la procédure par peur des conséquences personnelles. Regardons ce qu'il en est vraiment.

Ce qui ne change pas

  • Le dirigeant reste à la tête de l'entreprise dans la majorité des cas.
  • Son patrimoine personnel n'est pas automatiquement engagé. La procédure porte sur le patrimoine de l'entreprise.
  • Ses cautionnements personnels restent valables, mais leur mise en jeu par les banques est encadrée pendant la procédure.

Ce qui peut changer

  • La signature des actes importants passe par l'administrateur judiciaire ou le juge-commissaire.
  • Certaines rémunérations (salaire du dirigeant) peuvent être réduites si elles sont jugées excessives.
  • Les cautions personnelles de dirigeants peuvent bénéficier, pour certains cas, d'une suspension pendant la période d'observation (notion à vérifier au cas par cas avec son conseil).

Les sanctions civiles et pénales possibles

En plus de l'interdiction de gérer évoquée plus haut (article L653-8), le dirigeant peut voir sa responsabilité engagée dans les cas suivants :

  • Action en comblement de passif (article L651-2 du Code de commerce) si une faute de gestion a contribué à l'insuffisance d'actif.
  • Faillite personnelle (articles L653-3 et suivants) en cas de fautes graves : détournement d'actif, tenue de comptabilité fictive, paiements préférentiels.
  • Banqueroute (article L654-2 du Code de commerce), qualification pénale sanctionnée par cinq ans d'emprisonnement et 75 000 € d'amende en cas d'actes frauduleux.

Ces sanctions ne sont pas automatiques. Elles supposent un comportement fautif, pas le simple fait d'avoir déposé le bilan.

8. Les pièges les plus fréquents que nous voyons en cabinet

Nous accompagnons régulièrement des dirigeants de PME vendéennes. Trois erreurs reviennent sans cesse.

Première erreur : attendre trop longtemps. Le dirigeant espère une rentrée d'argent, un nouveau marché, un accord avec le banquier. Pendant ce temps, les 45 jours défilent. Quand il se décide, la cessation des paiements date de trois ou quatre mois.

Deuxième erreur : payer certains créanciers préférentiellement. Juste avant d'ouvrir la procédure, le dirigeant règle un fournisseur « qui l'a aidé », ou un proche qui lui a prêté de l'argent. Ce paiement peut être annulé par le tribunal s'il intervient pendant la période suspecte (entre la date de cessation des paiements fixée par le jugement et le jugement d'ouverture).

Troisième erreur : sous-estimer la déclaration de cessation des paiements. La qualité du dossier déposé au greffe conditionne l'orientation du dossier. Un dossier flou, incomplet ou trop optimiste peut orienter le tribunal vers la liquidation plutôt que le redressement.

9. Quand faut-il consulter un avocat ?

Le bon moment pour consulter est avant la cessation des paiements, pas après. Si vous repérez l'un des signaux suivants, il est temps de nous appeler :

  • retards récurrents sur les charges sociales ou la TVA,
  • découvert bancaire permanent non régularisé,
  • refus de livrer d'un fournisseur stratégique,
  • dénonciation d'une ligne de crédit par la banque,
  • perte d'un client représentant plus de 30 % du chiffre d'affaires.

À ce stade, plusieurs outils sont encore disponibles : mandat ad hoc, conciliation, négociation avec les créanciers, restructuration capitalistique. Une fois les 45 jours dépassés, la marge de manœuvre se réduit fortement.

10. Questions fréquentes

Combien de temps dure une procédure de redressement ?

En moyenne 6 à 12 mois pour la période d'observation, puis jusqu'à 10 ans pour l'exécution du plan si un plan est arrêté.

Mes clients et fournisseurs vont-ils le savoir ?

Oui. Le jugement d'ouverture est publié au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales) et mentionné au registre du commerce. L'information est publique.

Puis-je continuer à prendre de nouvelles commandes ?

Oui. L'activité se poursuit normalement pendant la période d'observation. Les nouvelles commandes et les contrats en cours continuent de s'exécuter. Les créances nées pendant la procédure sont traitées différemment et payées à leur échéance.

Ma caution personnelle peut-elle être appelée ?

Les banques et autres créanciers peuvent, en principe, actionner votre caution. Certaines règles offrent des protections limitées pendant la procédure. Cela dépend de la nature de l'engagement, il faut l'analyser au cas par cas.

Puis-je ouvrir un redressement si mon entreprise est saine mais en difficulté passagère ?

Si vous n'êtes pas en cessation des paiements, la procédure adaptée n'est pas le redressement mais la sauvegarde (ou, en amont, le mandat ad hoc ou la conciliation). Le redressement suppose la cessation des paiements.

Mes salariés seront-ils payés ?

Les salaires sont des créances privilégiées. Ils peuvent être pris en charge par l'AGS (Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés) dans certaines limites.

Besoin d'un diagnostic sur votre situation ?

Chaque dossier a ses spécificités. Les délais courts et les enjeux patrimoniaux imposent un accompagnement personnalisé.

Le cabinet Lagrange & Associés, installé à La Roche-sur-Yon, accompagne depuis plusieurs années les dirigeants de PME et d'ETI vendéennes dans leurs procédures collectives et leurs négociations avec les créanciers.

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Cessation des paiements : où en êtes-vous ?

Estimez en quelques clics si votre entreprise est en cessation des paiements et si le délai légal de 45 jours est encore respecté.

Comment ça marche. Ce simulateur applique la définition de l'article L631-1 du Code de commerce : la cessation des paiements est l'impossibilité de faire face au passif exigible avec l'actif disponible. Il ne remplace pas l'analyse d'un avocat.
1
Votre passif exigible
Factures dont l'échéance est dépassée
URSSAF, TVA, IS, taxes locales dues
Prêts et crédits dont les mensualités sont dues
Bulletins et cotisations non versés
Loyers, prestataires, contentieux
2
Votre actif disponible
Montants immédiatement mobilisables
Montant non utilisé et garanti par la banque
Chèques et effets à encaisser sous 7 jours
Reports de paiement formalisés par vos créanciers
3
Votre calendrier
Jour où le passif exigible a dépassé l'actif disponible
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