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4/23/2026

Coût d'une liquidation judiciaire de SAS : le guide complet pour dirigeants

Le coût d’une liquidation judiciaire de SAS dépend de plusieurs facteurs : frais de justice, intervention du liquidateur, dettes et situation de l’entreprise. Découvrez un guide complet pour comprendre les coûts réels et leurs impacts pour les dirigeants.

Quand une SAS n'est plus en mesure de régler ses dettes, la liquidation judiciaire devient parfois inévitable. Pour un président de SAS, la question du coût de cette procédure arrive souvent en tête des préoccupations, juste après celle de la responsabilité personnelle. À juste titre : entre les émoluments du liquidateur, les frais de greffe, les annonces légales et les éventuels honoraires d'avocat et d'expert-comptable, l'addition peut varier de quelques milliers d'euros à plusieurs dizaines de milliers d'euros selon la complexité du dossier.

Ce guide complet détaille précisément ce que coûte une liquidation judiciaire de SAS en 2026, qui paie quoi, et comment anticiper pour limiter la facture et surtout protéger votre patrimoine personnel. Vous trouverez également en fin d'article un simulateur interactif pour estimer le coût de votre propre procédure ainsi qu'un schéma reprenant les étapes clés.

Qu'est-ce qu'une liquidation judiciaire de SAS ?

La liquidation judiciaire est une procédure collective prévue par le Code de commerce. Selon l'article L640-1, elle est ouverte à tout débiteur en cessation des paiements dont le redressement est manifestement impossible. Elle vise soit à mettre fin à l'activité de l'entreprise, soit à réaliser le patrimoine du débiteur par une cession globale ou séparée de ses droits et de ses biens.

Concrètement, pour une SAS, cela signifie que la société va être vendue par morceaux (ou dans son ensemble si un repreneur se manifeste), les créanciers seront désintéressés dans l'ordre prévu par la loi, et la société disparaîtra à l'issue de la procédure.

Les deux conditions cumulatives pour ouvrir une liquidation judiciaire

Deux conditions doivent être réunies :

  1. La cessation des paiements : la SAS ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible.
  2. L'impossibilité manifeste de redressement : aucune solution raisonnable ne permet de sauver l'entreprise.

Si la seconde condition n'est pas remplie, le tribunal pourra orienter la procédure vers un redressement judiciaire plutôt qu'une liquidation.

Les postes de coût d'une liquidation judiciaire de SAS

Le coût d'une liquidation judiciaire se compose de plusieurs postes, dont certains sont tarifés et d'autres variables. Voici le détail.

1. L'émolument du liquidateur judiciaire

C'est le poste principal. Le liquidateur est un professionnel désigné par le tribunal, le plus souvent un mandataire judiciaire inscrit sur la liste nationale, conformément à l'article L641-1 du Code de commerce. Sa rémunération est réglementée.

L'article A663-18 du Code de commerce fixe l'émolument du liquidateur pour l'ensemble de la procédure de liquidation judiciaire à 2 351,25 € HT. Cet émolument est un forfait, versé pour la procédure dans son ensemble.

À cette rémunération forfaitaire peuvent s'ajouter :

  • Des émoluments proportionnels calculés sur les actifs réalisés (vente du fonds de commerce, stocks, matériel, immobilier) ;
  • Des émoluments proportionnels calculés sur les créances recouvrées ;
  • Des émoluments au titre de la répartition des sommes aux créanciers.

Pour une SAS qui possède un fonds de commerce, des stocks ou des véhicules à vendre, la rémunération totale du liquidateur peut largement dépasser 2 351,25 €. À l'inverse, pour une coquille vide sans actif, le forfait de base s'applique seul.

2. Les frais de greffe du tribunal de commerce

L'ouverture de la procédure entraîne plusieurs actes au greffe du tribunal de commerce : enregistrement du jugement, publication au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), inscription au RCS.

Comptez entre 200 et 300 € pour l'ensemble de ces formalités. Ce montant couvre notamment la publication obligatoire du jugement d'ouverture au BODACC, indispensable pour informer les créanciers de la procédure.

3. Les annonces légales

Le jugement de liquidation doit être publié dans un journal d'annonces légales habilité dans le département du siège social. Pour une SAS à La Roche-sur-Yon ou ailleurs en Vendée, comptez entre 150 et 200 € pour cette publication.

4. Les honoraires d'avocat

L'assistance d'un avocat n'est pas obligatoire pour déclarer la cessation des paiements, mais elle est fortement recommandée. Un avocat en droit des affaires intervient à plusieurs niveaux :

  • Analyse préalable de la situation (cessation des paiements avérée ou non ?) ;
  • Préparation du dossier de déclaration au greffe ;
  • Représentation lors de l'audience devant le tribunal ;
  • Défense du dirigeant en cas d'action en responsabilité pour insuffisance d'actif ;
  • Négociation avec les créanciers et le liquidateur.

Les honoraires varient selon la complexité du dossier et le mode de facturation (forfait ou taux horaire). Pour un dossier simple, prévoyez entre 1 500 et 3 000 € HT. Pour un dossier complexe avec contentieux, cautions personnelles ou risque de faute de gestion, la fourchette peut monter à 5 000 € voire davantage.

5. Les honoraires d'expert-comptable

Votre expert-comptable joue un rôle clé : il doit produire la situation comptable à la date de cessation des paiements, un document obligatoire à joindre à la déclaration. Ses honoraires pour cette mission spécifique se situent généralement entre 800 et 2 500 € selon la taille de l'entreprise et la qualité des comptes tenus.

Si la comptabilité est tenue à jour et bien organisée, le coût sera plus faible. À l'inverse, une comptabilité incomplète ou en retard fera grimper la facture, et peut exposer à des sanctions complémentaires.

6. Les frais annexes (commissaire-priseur, huissier, inventaire)

L'article L641-1 du Code de commerce prévoit que le tribunal désigne un commissaire-priseur judiciaire, un huissier de justice, un notaire ou un courtier en marchandises pour réaliser l'inventaire et la prisée des actifs de la société. Les frais d'inventaire dépendent du volume des biens à inventorier, généralement entre 500 et 2 000 €.

Tableau récapitulatif du coût d'une liquidation judiciaire de SAS

Voici une synthèse des postes de coût pour vous donner une vision claire :

Poste de dépenseFourchette basseFourchette hauteObligatoireÉmolument forfaitaire du liquidateur2 351,25 €2 351,25 €OuiÉmoluments proportionnels (actifs)0 €VariableSi actifsFrais de greffe et BODACC200 €300 €OuiAnnonces légales150 €200 €OuiHonoraires avocat0 €5 000 €Non mais recommandéHonoraires expert-comptable800 €2 500 €Pour la situation comptableInventaire (commissaire-priseur)500 €2 000 €Oui si actifsTotal estimatif2 700 €12 000 € et plus

Pour une SAS sans activité et sans actif, la procédure peut coûter autour de 2 700 à 2 900 € en frais incompressibles. Pour une SAS en activité avec salariés, stocks, contentieux et cautions à examiner, on dépasse facilement 8 000 à 15 000 €.

Qui paie réellement les frais de liquidation judiciaire ?

C'est une question récurrente en cabinet. La réponse dépend de l'état du patrimoine de la SAS.

Le principe : c'est l'entreprise qui paie

Les frais de liquidation sont en principe payés sur les actifs de la société. Ils font partie des créances qualifiées de "postérieures" au jugement d'ouverture et bénéficient du privilège de l'article L641-13 du Code de commerce, qui prévoit leur paiement à l'échéance et, à défaut, par privilège selon l'ordre prévu par la loi.

En clair : le liquidateur se rémunère d'abord sur les actifs qu'il réalise avant que les créanciers ordinaires soient payés.

L'exception : les procédures impécunieuses

Quand la SAS n'a aucun actif (coquille vide), qui paie ? Dans ce cas, plusieurs mécanismes prennent le relais :

  • La Caisse des Dépôts et Consignations (CDC) prend en charge l'émolument forfaitaire du liquidateur dans le cadre du dispositif dit des "procédures impécunieuses".
  • Le Trésor public via le fonds destiné aux procédures sans actifs peut intervenir pour certains frais.

Ce mécanisme existe pour garantir qu'aucune entreprise en cessation des paiements ne reste dans une zone grise juridique faute de trésorerie pour payer la procédure.

Attention : le dirigeant n'est pas automatiquement redevable

En SAS, le principe est la séparation des patrimoines. Le président n'est pas personnellement tenu des dettes sociales, y compris des frais de liquidation. Mais cette protection a des limites, détaillées plus loin.

Les coûts cachés : les risques pour le dirigeant de SAS

Au-delà du coût direct de la procédure, le dirigeant s'expose à plusieurs risques financiers personnels qui peuvent lourdement alourdir la note. C'est souvent là que se joue la véritable facture pour un président de SAS.

Le risque n°1 : la responsabilité pour insuffisance d'actif

L'article L651-2 du Code de commerce permet au tribunal, en cas de liquidation judiciaire faisant apparaître une insuffisance d'actif, de condamner le dirigeant à supporter tout ou partie de cette insuffisance d'actif. Condition : avoir commis une faute de gestion ayant contribué à cette insuffisance.

Depuis la loi Sapin II (2016), une simple négligence ne suffit plus à engager la responsabilité. Il faut une véritable faute de gestion. Exemples classiques :

  • Poursuite d'une activité manifestement déficitaire ;
  • Non-paiement systématique des charges sociales et fiscales ;
  • Tenue d'une comptabilité inexistante ou manifestement incomplète ;
  • Confusion entre patrimoine personnel et patrimoine social ;
  • Défaut de déclaration de cessation des paiements dans les délais (voir plus bas).

Le montant de la condamnation peut atteindre la totalité de l'insuffisance d'actif, c'est-à-dire la différence entre le passif et l'actif réalisé. Pour un dirigeant, cela peut représenter des centaines de milliers d'euros. L'action se prescrit par trois ans à compter du jugement qui prononce la liquidation.

Le risque n°2 : l'interdiction de gérer

L'article L653-8 du Code de commerce prévoit que le tribunal peut prononcer à l'encontre du dirigeant une interdiction de diriger, gérer, administrer ou contrôler toute entreprise commerciale ou artisanale, toute exploitation agricole et toute personne morale. Cette sanction peut frapper le dirigeant qui, de façon fautive :

  • Ne remet pas les renseignements dus au liquidateur ;
  • A omis sciemment de demander l'ouverture d'une procédure de redressement ou de liquidation judiciaire dans le délai de quarante-cinq jours à compter de la cessation des paiements.

L'interdiction de gérer est prononcée pour une durée maximale de 15 ans. Autant dire qu'elle peut briser une carrière entrepreneuriale.

Le risque n°3 : la banqueroute

Plus grave encore, l'article L654-2 du Code de commerce qualifie de banqueroute certains comportements graves :

  • Achats en vue d'une revente au-dessous du cours ou emploi de moyens ruineux pour se procurer des fonds afin de retarder l'ouverture de la procédure ;
  • Détournement ou dissimulation d'actif ;
  • Augmentation frauduleuse du passif ;
  • Comptabilité fictive, disparition de documents comptables ou absence de comptabilité ;
  • Comptabilité manifestement incomplète ou irrégulière.

La banqueroute est punie de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende selon l'article L654-3 du Code de commerce. Pour les dirigeants, ces peines s'accompagnent souvent d'interdictions professionnelles.

Le risque n°4 : les cautions personnelles

Beaucoup de présidents de SAS se sont portés cautions personnelles auprès de la banque pour obtenir un découvert, un prêt, ou un crédit-bail. Ces engagements restent valables après la liquidation. La banque se retourne alors contre le dirigeant sur son patrimoine personnel. C'est souvent la cause principale des faillites personnelles qui suivent la liquidation d'une société.

Le délai de 45 jours : un enjeu financier majeur

L'article L640-4 du Code de commerce impose au dirigeant de déclarer la cessation des paiements dans les 45 jourssuivant la date où elle est constatée, sauf à avoir demandé l'ouverture d'une procédure de conciliation dans ce délai.

Ce délai est la pierre angulaire du dispositif. Le manquement à cette obligation alimente deux types de risques :

  1. Risque d'interdiction de gérer via l'article L653-8 ;
  2. Risque d'aggravation de l'insuffisance d'actif engageant la responsabilité du dirigeant via l'article L651-2.

Plus le retard est long, plus le passif s'aggrave pendant la période suspecte, et plus le juge considère que le dirigeant a négligé ses obligations. La facture finale gonfle à mesure.

En pratique, la date de cessation des paiements est fixée par le tribunal. Elle peut être reportée jusqu'à 18 mois avant le jugement d'ouverture (article L631-8 du Code de commerce). Tous les actes passés durant cette "période suspecte" peuvent être remis en cause.

Comment réduire le coût d'une liquidation judiciaire ?

Plusieurs leviers existent, à condition d'anticiper. C'est là que l'intervention précoce d'un avocat en droit des affaires prend tout son sens.

1. Anticiper et opter pour la conciliation

Quand les difficultés apparaissent mais que la situation n'est pas encore désespérée, la procédure de conciliation (articles L611-4 et suivants du Code de commerce) permet de négocier avec les créanciers sous l'égide d'un conciliateur désigné par le président du tribunal. Confidentielle, rapide, elle coûte infiniment moins cher qu'une liquidation et peut éviter la chute.

2. Opter pour la dissolution amiable quand c'est possible

Si la SAS n'est pas en cessation des paiements mais que les associés décident d'arrêter l'activité, une dissolution amiable suivie d'une liquidation amiable reste possible. Le coût est bien plus faible, car il n'y a pas d'émolument de liquidateur judiciaire ni de frais de greffe identiques. Attention : cette voie est fermée dès que l'entreprise est en cessation des paiements.

3. Préparer soigneusement le dossier

Un dossier complet, avec une situation comptable à jour, un inventaire clair des actifs, la liste précise des créanciers, fait gagner un temps précieux au liquidateur et réduit indirectement les honoraires complémentaires.

4. Négocier les cautions personnelles en amont

Avant d'en arriver à la liquidation, tout président de SAS ayant consenti des cautions devrait négocier avec la banque : plafonnement, restructuration, voire délais. Un avocat aide à bâtir une stratégie.

5. Se faire accompagner dès les premiers signaux d'alerte

Retards de paiement fournisseurs, rejets de prélèvements, tension de trésorerie persistante : ces signaux doivent alerter. Consulter un avocat en droit des affaires à ce stade permet souvent d'éviter la liquidation ou d'en maîtriser le coût.

Cas pratique : trois scenarii chiffrés

Pour donner une vision concrète, voici trois exemples correspondant à des situations fréquentes rencontrées en cabinet.

Cas 1 : la SAS coquille vide

Situation : SAS sans activité depuis 6 mois, aucun salarié, aucun actif, passif de 25 000 € auprès des organismes sociaux et du Trésor public.

  • Émolument du liquidateur : 2 351,25 € (pris en charge par la CDC)
  • Frais de greffe et BODACC : 250 €
  • Annonces légales : 180 €
  • Avocat (dossier simple) : 1 500 €
  • Expert-comptable : 600 €

Coût pour le dirigeant : environ 2 530 € (avocat + expert-comptable, les frais de liquidateur étant pris en charge par la CDC).

Cas 2 : la SAS commerciale en activité

Situation : SAS de commerce de détail à La Roche-sur-Yon, 4 salariés, fonds de commerce, stocks, passif de 180 000 €.

  • Émolument forfaitaire liquidateur : 2 351,25 €
  • Émoluments proportionnels liquidateur (sur actifs réalisés) : 4 000 à 8 000 €
  • Frais de greffe, BODACC, annonces : 500 €
  • Inventaire commissaire-priseur : 1 200 €
  • Avocat : 3 000 €
  • Expert-comptable : 1 800 €

Coût total : 12 850 à 16 850 €, supporté en grande partie par la vente des actifs de la SAS.

Cas 3 : la SAS avec contentieux et risque personnel

Situation : SAS de BTP avec dirigeant exposé (cautions bancaires, retard de déclaration, contentieux avec un salarié et l'URSSAF).

  • Coûts de procédure classiques : 10 000 €
  • Honoraires d'avocat pour défense face à l'action en responsabilité pour insuffisance d'actif : 8 000 à 15 000 €
  • Risque de condamnation personnelle : potentiellement plusieurs dizaines à centaines de milliers d'euros
  • Cautions bancaires : le dirigeant reste engagé à titre personnel sur les sommes garanties

Coût réel pour le dirigeant : largement supérieur au coût de la seule procédure collective.

FAQ : les questions fréquentes des dirigeants de SAS

Le président d'une SAS peut-il être poursuivi sur son patrimoine personnel après liquidation ?

Oui, dans plusieurs hypothèses : action en responsabilité pour insuffisance d'actif (L651-2), cautions personnelles consenties, faute de gestion ayant conduit au retard de déclaration, banqueroute. La séparation des patrimoines n'est jamais absolue en cas de faute.

Combien de temps dure une liquidation judiciaire de SAS ?

La durée varie énormément : entre 6 mois pour une procédure simple à plusieurs années pour une liquidation complexe avec contentieux. La clôture intervient soit pour extinction du passif (rare), soit pour insuffisance d'actif (le cas le plus fréquent).

Qui choisit le liquidateur judiciaire ?

C'est le tribunal qui désigne le liquidateur dans le jugement d'ouverture. Le ministère public peut proposer un nom, le dirigeant n'a pas de droit de regard direct. L'article L641-1 du Code de commerce encadre cette désignation.

Peut-on racheter sa propre SAS en liquidation ?

Non, pas directement. La reprise par le dirigeant ou un proche est strictement encadrée par l'article L642-3 du Code de commerce pour éviter les reprises frauduleuses. Une autorisation spéciale du tribunal, avec avis du ministère public, est nécessaire.

La liquidation judiciaire efface-t-elle toutes les dettes ?

Pour la société, oui : la personne morale disparaît avec les dettes qui n'ont pas pu être payées. Pour le dirigeant personne physique : non, ses engagements personnels (cautions, condamnations en responsabilité) restent dus. C'est une différence fondamentale avec la procédure de rétablissement professionnel réservée aux entrepreneurs individuels.

Faut-il obligatoirement un avocat pour la liquidation judiciaire ?

Non, la loi n'impose pas la représentation obligatoire devant le tribunal de commerce. Mais compte tenu des enjeux (responsabilité personnelle, interdiction de gérer, banqueroute), l'accompagnement par un avocat en droit des affaires est vivement recommandé, surtout en Vendée et dans les régions où la pratique judiciaire est spécifique.

Pourquoi se faire assister par un avocat en droit des affaires ?

Face à une liquidation judiciaire de SAS, l'avocat joue un rôle qui dépasse largement la simple représentation. Il intervient en amont pour sécuriser la décision (cessation des paiements avérée ?), pendant la procédure pour défendre le dirigeant face au liquidateur, et après pour anticiper les éventuelles actions en responsabilité.

Le cabinet Lagrange & Associés accompagne depuis plusieurs années les dirigeants de SAS de Vendée dans ces moments délicats. Notre approche : agir tôt, protéger le dirigeant sur son patrimoine personnel, et éviter les sanctions dont le coût dépasse largement celui de la procédure elle-même.

Points clés à retenir

  • Le coût incompressible d'une liquidation judiciaire de SAS tourne autour de 2 700 à 2 900 € pour une procédure sans actif, principalement composé de l'émolument forfaitaire du liquidateur (2 351,25 € fixé par l'article A663-18 du Code de commerce).
  • Pour une SAS en activité, la facture peut monter de 8 000 à 20 000 € selon la complexité, avec des émoluments proportionnels, les honoraires d'avocat et d'expert-comptable.
  • Les vrais coûts pour le dirigeant viennent souvent des risques personnels : responsabilité pour insuffisance d'actif, interdiction de gérer, banqueroute, cautions bancaires.
  • Le délai de 45 jours pour déclarer la cessation des paiements est impératif (article L640-4 du Code de commerce). Son non-respect expose à des sanctions lourdes.
  • L'anticipation est la meilleure protection : procédure de conciliation, dissolution amiable, négociation des cautions, accompagnement juridique dès les premiers signes de difficulté.

Vous êtes dirigeant d'une SAS et vous vous interrogez sur une procédure de liquidation judiciaire ?

Le cabinet Lagrange & Associés, situé à La Roche-sur-Yon, accompagne les entreprises de Vendée en droit des affaires, en conseil et en contentieux. Nous analysons votre situation, évaluons les risques personnels et bâtissons avec vous la stratégie la plus protectrice.

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À savoir : cette estimation est indicative. Elle ne tient pas compte d'éventuelles condamnations personnelles du dirigeant (responsabilité pour insuffisance d'actif selon l'article L651-2 du Code de commerce, interdiction de gérer, banqueroute) ni des cautions personnelles, qui peuvent représenter des sommes bien supérieures.

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  1. Schéma du déroulement d'une liquidation judiciaire : visualisez chaque étape de la procédure, du constat de cessation des paiements à la clôture.
Schéma : étapes d'une liquidation judiciaire de SAS | Cabinet Lagrange

Les étapes d'une liquidation judiciaire de SAS

De la cessation des paiements à la clôture : chaque étape de la procédure décryptée.

Action du dirigeant
Décision du tribunal
Mission du liquidateur
1
Constatation de la cessation des paiements Point de départ
La SAS ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible. Le président doit identifier cette date précisément, car elle déclenche un compte à rebours légal.
Référence : article L631-1 du Code de commerce
2
Dépôt de la déclaration de cessation des paiements Dans les 45 jours
Le dirigeant dépose au greffe du tribunal de commerce le formulaire Cerfa 10530 accompagné des documents comptables requis. À défaut, il s'expose à des sanctions personnelles lourdes.
Référence : article L640-4 du Code de commerce
3
Audience au tribunal de commerce 15 jours à 2 mois
Le tribunal convoque le dirigeant et examine la situation. Il vérifie la cessation des paiements et l'impossibilité manifeste de redressement. L'assistance d'un avocat est fortement recommandée à ce stade.
Référence : article L640-1 du Code de commerce
4
Jugement d'ouverture et désignation du liquidateur Décision du tribunal
Le tribunal prononce la liquidation judiciaire, désigne un juge-commissaire et un liquidateur judiciaire. Le jugement emporte dessaisissement du dirigeant : il perd l'administration et la disposition des biens de la SAS.
Référence : articles L641-1 et L641-9 du Code de commerce
5
Publicité de la procédure Dans les 15 jours
Publication du jugement au BODACC (Bulletin officiel des annonces civiles et commerciales), dans un journal d'annonces légales et inscription au RCS. Cette publicité permet aux créanciers de déclarer leurs créances.
Coût : 350 à 500 € de frais de greffe et d'annonces
6
Inventaire et vérification des créances 2 à 6 mois
Le liquidateur dresse l'inventaire des actifs avec un commissaire-priseur. Les créanciers disposent de deux mois (quatre pour ceux de l'étranger) pour déclarer leurs créances auprès du liquidateur.
Référence : article L622-24 du Code de commerce
7
Réalisation des actifs 6 mois à 2 ans
Le liquidateur vend les biens de la SAS : fonds de commerce, matériel, stocks, immobilier. Une cession globale de l'activité à un repreneur reste possible sous certaines conditions.
Référence : articles L642-1 et suivants du Code de commerce
8
Répartition aux créanciers Selon l'ordre légal
Les sommes récupérées sont réparties selon l'ordre de priorité légal. Les frais de procédure et les créances postérieures privilégiées sont payés en premier, puis les créanciers superprivilégiés, privilégiés, chirographaires.
Référence : articles L641-13 et L643-8 du Code de commerce
9
Jugement de clôture Fin de procédure
La procédure se termine par un jugement de clôture : pour insuffisance d'actif (cas le plus fréquent) ou pour extinction du passif. La SAS est radiée du RCS et cesse d'exister juridiquement.
Référence : articles L643-9 et L643-11 du Code de commerce
Point de vigilance
Le délai de 45 jours pour déclarer la cessation des paiements (article L640-4 du Code de commerce) est impératif. Tout retard expose le dirigeant à une interdiction de gérer selon l'article L653-8 du Code de commerce, et renforce le risque d'action en responsabilité pour insuffisance d'actif.
Les deux issues possibles de la procédure

Clôture pour insuffisance d'actif

Cas le plus courant. Les actifs réalisés ne suffisent pas à désintéresser tous les créanciers. Les dettes non payées sont éteintes pour la société, mais le dirigeant peut être poursuivi sur ses engagements personnels (cautions, responsabilité).

Clôture pour extinction du passif

Situation rare. Les actifs ont permis de payer l'intégralité des créanciers. La procédure se clôt sans reliquat à la charge de la société.

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